lundi 19 décembre 2011

Les télégraphistes coloniaux


Dès 1883, chaque corps expéditionnaire outre-mer dispose d’un noyau d’opérateurs de télégraphie optique. Le Génie assure la formation des premiers opérateurs qui partiront au Tonkin la même année. Ces opérateurs appartiennent encore à la Marine. Il faut attendre 1900 pour que les troupes de marine s’émancipent et prennent l’appellation de troupes coloniales.
Créée le 16 juillet 1901, la première section de télégraphistes coloniaux compte 200 hommes répartis en trois détachements : Indochine, Madagascar et Afrique Equatoriale Française (AEF) avec dépôt à Toulon au 4ème Régiment d’infanterie coloniale...

Le 1er avril 1909, le dépôt devient autonome et prend, tout en restant attaché au RIC, l’appellation de section des télégraphistes coloniaux. Il instruit et fournit aux troupes coloniales leurs télégraphistes.
Les débuts de la TSF (télégraphie sans fil) sont balbutiants. Les liaisons télégraphiques s’effectuent au moyen de lignes de fils conducteurs. Les sections de filistes sont donc étroitement liées à celles des télégraphistes. Grâce au général Ferrié, la radio va, principalement pendant la Première Guerre mondiale, connaître un essor fulgurant. Pendant le conflit, les Français, notamment les radios du corps colonial, sont les premiers à écouter les transmissions ennemies. Ils se distinguent également lors de l’expédition des Dardanelles où leur acharnement à entretenir les liaisons de commandement sauve le corps expéditionnaire de la déroute face aux Turcs.
Le 26 juin 1928, la compagnie de télégraphistes coloniaux est créée. Elle se compose d’une section en métropole, de deux en Indochine et d’un détachement en AEF. Etablie à Montauban en 1929, elle recrute elle-même son personnel. Le 5 avril, elle devient corps des télégraphistes coloniaux et alimente les unités coloniales de métropole et d’outre-mer. Elle déménage à Toulouse en 1945.
Le 1er mars 1948, le Régiment de télégraphistes coloniaux est créé. Composé de deux bataillons à Toulouse et à Nogent-le-Rotrou, il est inadapté aux opérations extérieures de l’époque et dissous le 30 juin 1949.
Le 1er juin 1950, le Centre colonial d’instruction des transmissions est créé. Installé au quartier Toussaint à Agen, il a pour mission de former tous les transmetteurs de l’armée de Terre à destination de l’Extrême-Orient et principalement de l’Indochine.

Pendant la guerre de Corée, le lieutenant DELMOTTE, officier transmissions du bataillon de Corée, est le premier tué du bataillon français de l’ONU. Il aurait été victime d’un sniper nord-coréen alors qu’il vérifiait les antennes sur le toit du PC de son bataillon.
Au cours de la guerre d’Indochine, la rapidité d’acheminement des ordres en cours d’action a permis un temps au corps expéditionnaire de battre les divisions beaucoup plus nombreuses du général GIAP, en permettant aux états-majors de modifier leur ordre de bataille en plein combat. D’un autre côté, nombre d’opérateurs radio des petits postes de brousse ont été les derniers à rendre compte de l’agonie de leurs positions face aux combattants vietminh.
Le 1er octobre 1953, le Centre colonial d’instruction des transmissions d’Agen devient l’annexe de l’École d’application des transmissions tout en restant à dominante coloniale.
En 1962, il passe sous le commandement des transmissions métropolitaines, conservant un important encadrement de troupes de marine jusqu’au 1er janvier 1968, date de la suppression du corps des télégraphistes des troupes de marine.

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1 Le messager de la bataille de Marathon
2 Signaux sonores, pigeons voyageurs et tours à feu
3 Cavaliers et poste aux armées
4 Le télégraphe de Chappe
5 Les courriers de l’Empereur
6 Le télégraphe électrique et le téléphone
7 La télégraphie sans fil, la TSF
8 Les télégraphistes coloniaux
9 Les transmissions durant la Grande Guerre
10 L’entre-deux-guerres
11 La Seconde Guerre mondiale
12 Guerres d’Indochine et d’Algérie
13 La période contemporaine
14 L’histoire des transmetteurs continue

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