jeudi 23 août 2012

Cité des télécoms la deuxième vie de Pleumeur-Bodou


L'énorme boule blanche posée dans la lande saisit lorsqu'on arrive à Pleumeur-Bodou, minuscule village des Côtes-d'Armor. Il y a tout juste cinquante ans, le 11 juillet 1962, c'est sur ce bout de terre bretonne qu'était retransmise, en direct, la première image télévisée en provenance des Etats-Unis via le satellite Telstar, créant ainsi la Mondovision. En 1985, l'« antenne cornet » de 340 tonnes abritée sous le radôme - cette gigantesque bulle de 50 mètres de haut et 64 mètres de diamètre -a définitivement cessé d'émettre. Classée monument historique et dotée du label Patrimoine du XX e siècle, l'ancienne station spatiale est devenue le fleuron de la Cité des télécoms, propriété de France Télécom. Lieu de mémoire des télécoms mais aussi vitrine des nouvelles technologies, le site, d'une grande modernité, cherche aujourd'hui à sortir de son isolement géographique pour trouver un nouveau souffle...
Le choix d'installer dans le Trégor le musée, rebaptisé la Cité des télécoms en 2006, est étroitement lié à la volonté de donner une seconde vie au radôme de Pleumeur-Bodou, près de Lannion, qui a marqué une génération entière.

Nous sommes au début des années 1960. En riposte à la mise sur orbite du premier satellite Spoutnik par l'Union soviétique, les Américains décident de contre-attaquer dans l'espace, en s'investissant notamment dans le projet de satellite de télécommunications Telstar doté d'une ambition claire : réaliser la première transmission transatlantique de télévision.

L'expérience, conduite aux Etats-Unis par la Nasa et les Bell Labs d'ATT, requiert l'installation de stations relais terrestres des deux côtés de l'Atlantique. Les Américains choisissent la ville d'Andover, dans le Maine. Retenue comme partenaire européen, la France opte, quant à elle, pour Pleumeur-Bodou mettant en avant des raisons techniques. A l'ouest de l'Hexagone, et donc relativement proche des Etats-Unis, la petite ville bretonne a aussi l'avantage de se situer à 10 kilomètres de Lannion, où les ingénieurs de la Direction générale des télécommunications ont la haute main sur le Centre national d'études des télécoms (CNET). Son directeur, Pierre Marzin, pilotera de bout en bout ce projet. Complexe, celui-ci implique l'expropriation de 47 propriétaires terriens pour disposer des 110 hectares nécessaires. Démarrent ensuite des travaux pharaoniques qui emploient jusqu'à 1.250 personnes. Bouclé en neuf mois, le chantier sera prêt trois jours avant le lancement à Cap Canaveral en Floride, de Telstar 1 et sa mise sur orbite. Le 11 juillet 1962, à 0 h 47 précise, le miracle a lieu : la première image télévisée en provenance des Etats-Unis arrive sur un petit écran de Pleumeur-Bodou, Elle montre les ingénieurs des Bells Labs en plein travail. Cet exploit technologique est salué dans le monde entier.

Passé la phase expérimentale, la station spatiale peut lancer l'exploitation commerciale. Ce qui permettra aux Français de voir, à la télévision, Neil Armstrong, premier homme à poser le pied sur la Lune le 21 juillet 1969. En parallèle, elle inaugure aussi le premier réseau téléphonique transatlantique.

Quel lieu aurait pu être plus symbolique pour donner à comprendre l'histoire des télécoms, hier et aujourd'hui, interroge l'ancien ministre de la Culture, Christine Albanel, aujourd'hui directrice exécutive chargée des événements, des partenariats culturels et institutionnels et de la solidarité chez France Télécom et présidente de la Cité ?

En reconvertissant le site qui avait accueilli la station spatiale de Pleumeur-Bodou en un lieu de mémoire et de valorisation du patrimoine scientifique, l'opérateur historique France Télécom lui a, en plus, ouvert des perspectives nouvelles.

En déambulant dans les 3.000 mètres carrés de la Cité des télécoms, le visiteur voit défiler sous ses yeux l'histoire mondiale de la transmission par le son et l'image. Un voyage curieusement à mi-chemin entre le passé et le futur... Comme pour souligner la modernité du monde des télécoms, l'interactivité est omniprésente. Des écrans tactiles permettent d'approfondir ou de comprendre les nouvelles technologies. Les enfants peuvent aussi y trouver leur compte grâce à un espace joliment baptisé le Jardin des sciences, qui leur est dédié...
70.000 visiteurs par an

suite - info F8LDX

1 commentaire:

  1. Le site se visite toute l'année ; le radôme est devenu l'emblème du site baptisé "Parc du Radôme", qui regroupe la Cité des télécoms avec son fameux Radôme, le Planétarium de Bretagne (l'un des plus beaux planétariums de France), l'association ArmorScience (animations scientifiques), le Village Gaulois, etc. : voir le site Internet www.parcduradome.com

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