vendredi 29 avril 2011

Elecraft - KPA 500


Merci à radioamateur.org pour cette info, voici quelques détails supplémentaires.

Elecraft continu d'étendre sa gamme de matériels en créant cette fois-ci un amplificateur HF du 160 au 6m Mosfet .Voilà un appareil sérieux qui va concurrencer l'Acom 1011 et le SPE 1 Kw dans une moindre mesure . Voici les caractéristiques principales

Il s'adapte à tous les tranceivers
40w d'excitation maximum pour 500 w de sortie (2 Mosfet VRF 2933 détails techniques)
12 Kg
dimensions 10.2 x 27.4 x 25.4cm
110 ou 220 V
diverses sécurités habituelles
QSK haute vitesse
6 vitesses de refroidissement
changement de bande automatique ou manuel
affichage digital

Comme pour le K3, le MCU pourra être mis à jour par internet via la prise RS232

Le coupleur automatique intégré (KAT 500) sortira cette année

Vendu assemblé ou en kit, garanti un an, cependant il n'est disponible qu'en version kit pour l'Europe à l'heure actuelle, le temps qu'il ait son agrément CE.

les prix: en kit 2000 $, assemblé 2400 $, pour les frais d'expédition compter entre 448 $ par UPS Express et 151 $ par US Postal priority mail international . Pour comparer l'Acom 1011 est à 1767 € port compris chez Radio33, l'Elecraft en kit et frais de port le moins cher vous reviendra à 1450 €...la concurrence va être rude, début des expéditions en Europe à compter de mi Mai.
Dommage qu'Elecraft n'ait pas prévu comme sur le SPE ou l'Acom plusieurs entrées coaxiales.
La doc PDF - site web Elecraft




voici les avis d'utilisateurs sur Eham, ceux-ci semblent très satisfaits: silence total, QSK ultra rapide, utilisé en contest...

jeudi 28 avril 2011

Mr Michel BAUDOIN: souvenirs d'un radiotélégraphiste

Je suis né en 1930. Après des années d'études primaires, de 1935 à 1944, j'ai quitté l'école à 14 ans, comme beaucoup de mes camarades à cette époque et je suis entré immédiatement dans la vie active comme ouvrier.
A 18 ans, j’étais bien évidement sans qualification. Papa rêvait de me faire faire des études afin de devenir dépanneur radio : "tu pourras être comme Monsieur B.., c'est un métier intéressant", disait-il. Monsieur B.., c'était le dépanneur TSF du coin.
Oui mais, comment faire ? Des études payantes n'étaient pas envisageables, alors ? La solution : m'engager dans les Transmissions de l'Armée de Terre par exemple.


C'est ainsi qu'au mois de juin 1948, à l'âge de 18 ans, je me suis engagé au 118ème Bataillon de Transmissions à Nancy.

Ce n'était pas si simple de réaliser ce rêve de devenir dépanneur radio ; je n'avais aucune formation en radioélectricité. Et puis, engagé à cette époque, on ne vous demandait pas vos désidératas.


J'ai d'abord été affecté à la section fil, comme monteur de lignes téléphoniques. Monter à des poteaux, cela ne me plaisait guère. Après quelques semaines, j'ai eu l'audace (eh oui ! l'audace, car on ne vous permettait pas trop de réclamer à cette époque), de demander à être versé à la section radio.

C'est à ce moment-là que j'ai commencé à apprendre la lecture au son du Morse.
Il fallait former beaucoup de radiotélégraphistes et c'est sans doute pour cela qu'il m'a été aussi facile de changer de spécialité. Je pensais déjà au Morse audio en 1948, quelques mois avant mes 18 ans. Je regardais les signes du Morse dans le dictionnaire.


Je m'imaginais (idée farfelue) que l'on pouvait écrire le Morse en sténo. J'apprenais, en même temps que les signes graphiques points et traits du Morse, la sténo méthode Delaunay. Lorsque je partais au travail le matin, je récitais le Morse dans ma tête. Mais, bien sûr, je ne récitais pas le son, je n'avais aucune idée de ce que c'était. J'avais vaguement entendu dire que le son du A était : " didah " mais quant à le reconnaître, les oreilles sur les ondes courtes du poste de TSF, je n'en n'étais pas à ce stade.


Sur le poste de TSF familial, j'entendais parfois des sons, peut-être du Morse ? C'était en tous cas incompréhensible pour moi.


Lorsque j'ai été affecté à la section Radio du
118ème B.T. à Nancy, l'apprentissage du Morse ne ressemblait évidemment en rien à l'idée (fausse) que je m'en étais faite.

Les sapeurs radiotélégraphistes de la section radio (on les appelait encore ainsi à l'époque), avaient commencé à apprendre le Morse quatre mois plus tôt. Il fallait, en quelque sorte, que je comble mon retard.


Pour mes débuts d'apprentissage du Morse, j'ai eu un Sergent instructeur pour moi tout seul pendant plusieurs semaines. Ensuite, deux autres engagés sont arrivés. Bien sûr, nous ne faisions pas que de la radio, nous suivions aussi des cours d'instruction militaire.


Les premières séances de lecture au son, j'ai bien cru que je ne parviendrais jamais à décrypter du Morse audio. (Je précise audio, pour bien faire la différence avec le Morse optique, pour lequel on lit traits et points, alors que pour le Morse audio on doit écouter uniquement le son de chaque caractère).

Les premiers jours, je n'entendais qu'une suite de sons, sans distinguer les dit (points) des dah (traits).
Ensuite, j’ai eu pour instructeur le Sergent Valentin ; j'ai commencé à reconnaître les sons des caractères lettres, chiffres etc..
A partir de ce moment, tout a été très vite. J'ai appris par coeur le son de chaque caractère en peu de temps. Après huit à quinze jours, je lisais à VMH 600 (10 mots/min). Le cap des 800, 900 mots à l’heure fut franchi après deux à trois mois.
Mais pas celui de la manipulation !

Nous apprenions aussi à utiliser le poste de campagne SCR 399 qui comprenait : un émetteur BC 610 d'une puissance de 400 watts en graphie, les récepteurs BC 342, BC 312 ainsi que de nombreux accessoires. Il fallait aussi apprendre la procédure radiotélégraphique, les codes.


Après deux mois de service, j'ai passé avec succès un premier examen technique radio et j'ai obtenu le Diplôme n° 151/ Trans (Opérateur de poste Radiotélégraphique de Campagne) à Nancy le 18 août 1948.

Nous n'étions pas peu fiers, les titulaires de ce Diplôme ! Nous étions autorisés à porter, enfilé sur la patte d'épaule du blouson kaki, l'insigne noir en étoffe avec les lettres TSF en rouge.
Ce même insigne existait en couleur or. Mais pour être autorisé à le porter, il fallait avoir réussi les épreuves du CERTIFICAT N° 251 / TRANS. Je ne devais obtenir ce certificat que bien plus tard, pendant mon séjour au Cambodge en février 1951.

Pendant notre apprentissage de lecture au son du Morse, nous avions aussi des séances d'entraînement à la manipulation de Morse, uniquement avec le manipulateur vertical type PTT. L'instructeur écoutait notre manipulation et attribuait une note sur 20.


Et c'est ainsi, sans doute avec une formation insuffisante en durée, qu'un jour d'automne 1948, j'étais opérateur radio dans un shelter équipé d'un SCR 399 avec un Sergent pour chef de poste. Nous étions détachés pour les liaisons radio entre Lille et Nancy.


Notre véhicule GMC était garé au fond du parc des : « Grands Bureaux des Mines » à LILLE pour assurer la liaison radio avec Nancy.


Un soir, alors que le Sergent était en permission de spectacle, j'étais de service à la radio dans le shelter. Je devais assurer seul, pour la première fois, la liaison avec Nancy. C'était QRU (c’est-à-dire sans trafic) à chaque rendez-vous avec Nancy depuis plusieurs jours. C'est assez ému que je mis les appareils sous tension, pour le rendez-vous avec Nancy à l'heure prévue.
Je n'avais aucune expérience de trafic sur les ondes.
L'opérateur de Nancy m'a annoncé QTC (j’ai un message pour vous).
Avec une manipulation hésitante et tremblante, je lui ai transmis : " QRV " (je suis prêt à copier). Il m'a transmis un message manipulé rapidement, tellement rapidement que je n'ai rien copié. Je lui ai demandé de répéter le QTC (message) : " QRS " (veuillez manipuler plus lentement). C'est alors qu'il m'a transmis, répété plusieurs fois, un code de l'époque qui signifiait : "Changez d'opérateur, mettez un opérateur qualifié ".
J’étais très paniqué. Finalement, j'ai cessé de lui répondre et j'ai attendu que le Sergent rentre de permission vers les 23 heures.
Quand ce dernier est arrivé, je lui ai raconté ce qui s'était passé ; il n'a fait aucun commentaire. Il a appelé l'opérateur de Nancy et s'est mis à trafiquer avec lui à une grande vitesse. Je n'ai rien compris des échanges et je me demandais bien si j'arriverais à trafiquer un jour ?


De retour à Nancy, les cours radio ont repris en salle.

Une courte permission au moment de Noël et, à mon retour, j'ai appris que j'étais désigné pour effectuer un séjour en Indochine.


A partir de ce moment, j'ai manqué les cours certains jours, j'étais plus souvent à regarder et à écouter trafiquer un radiotélégraphiste professionnel dans le civil. Ce dernier faisait son service militaire et, ses classes terminées, il assurait maintenant le trafic radio avec des stations dispersées dans la région. J'allais souvent dans cette salle de trafic radio où il y avait très rarement des visites d'autorités. Je ne me lassais pas d'écouter le trafic échangé et de regarder faire l'opérateur.


Peu de semaines après, je partais en Indochine.

J'avais appris certaines choses, certains comportements : par exemple un calme exemplaire de la part de l’opérateur.. Mais je n’avais toujours pas de pratique.

Au début de mon séjour au Cambodge, j’ai été incorporé dans une équipe qui assurait l'écoute permanente d'une fréquence. Chacun notre tour, nous assurions un quart de jour ou de nuit. Nous devions répondre aux appels éventuels de stations dispersées dans la nature, dont nous avions la liste, stations susceptibles d'appeler, surtout en cas de péril, d'attaques des rebelles.., de messages urgents.. 
 
14 décembre 1949 - Phnom-Penh - Mr Michel Baudoin au poste radio de sécurité

Un jour, après minuit, appels d'une station, QTC (message) chiffré très urgent.
Je transmet QRV (je suis prêt à copier) et, comme à LILLE l'automne dernier, le message terminé, je n'avais presque rien copié, c'était beaucoup trop rapide pour le jeune opérateur que j’étais. J'ai demandé répétition du message et en deux codes : « Veuillez manipuler plus lentement et répéter les mots ou groupe deux fois ».
Mon correspondant s’est mis à manipuler plus lentement en répétant les groupes deux fois. Il était de toutes façons très important, que le message soit reçu. J'ai collationné le message, comme cela devait se faire.... au final tout était bon. J'étais satisfait et cela ma donné confiance pour une première fois. C’était le début de nombreux autres messages reçus ou transmis au fil des mois et des années.

Il faut signaler que le trafic en Morse, dans des régions comme l'Extrême-Orient, est beaucoup plus difficile à intercepter qu'en Europe, car il y a pratiquement toujours des perturbations atmosphériques, d’où des crachotements à la réception. 


Imaginez-vous, lorsqu'il y a de l'orage en Europe ! En Extrême-Orient, c'était tous les jours qu'il fallait lire le Morse dans les crachotements atmosphériques.


Durant le séjour de 29 mois, je me suis perfectionné par de nombreux contacts et trafic en Morse. D'abord, en déplacement à pied en opération, (on marchait toute la journée avec seulement 2 à 3 heures de pause la nuit) l’émetteur-récepteur, un SCR 284 porté sur le dos ainsi que la génératrice à main. Nous étions deux opérateurs radios, l'un portait l’émetteur-récepteur, l'autre la génératrice. Le tout était très lourd, plus un fusil US 17 ou bien une mitraillette sten..... Arme plus de sécurité pour les radios que vraiment efficace, car on aurait bien été en peine de les utiliser en cas de péril avec tout ce barda si lourd.

Mon baptême du feu a eu lieu lors d'une opération en 1949, à ce moment-là on m'a demandé de mettre en oeuvre la liaison radio.. en phonie cette fois.
Ces opérations dans la rizière ou en forêt, opérateur radio détaché à la légion étrangère ou à l'infanterie, ont duré la moitié de mon séjour de 30 mois. L'autre partie du séjour, j'ai été affecté radiotélégraphiste dans un poste à Takéo au Cambodge. C'est là que j'ai appris à me débrouiller pour l'alimentation de la station sur accumulateurs au plomb qui étaient rechargés par un petit groupe dont je ne me souviens plus du nom. Peut-être était-ce un groupe BRIBAN ?

En 1951, c'était le retour en France.

Confirmé dans ma spécialité d'exploitant radiotélégraphiste par l'obtention de plusieurs certificats et diplômes, j'ai été instructeur radio pendant mon séjour de deux ans dans les forces françaises en Allemagne.

En 1954, j'ai été envoyé de nouveau d'office en Indochine pour deux ans.

De 1956 à 1959, c'était un séjour en Algérie.


1957 - Dra El Mizan - Algérie - Etablissement d'une liaison à l'arrière d'un dodge.


Après, de nouveau affecté dans les forces françaises en Allemagne et, pour terminer, affecté en France de 1964 à 1966. Pendant tous mes séjours hors de France, c'était toujours la Radiotélégraphie.

En 1966, j'ai quitté l'Armée et j'ai passé un concours d'Agent des transmissions. C’est ainsi que j’ai continué à œuvrer dans la radio jusqu'en 1982.

En 1982, j'ai quitté avec regret la radio, affecté à un autre travail qui n'avait plus rien à voir avec la radio, jusqu'à ma retraite en 1990. 
http://le18histoirequartier.blogspot.com/search/label/radio

de J28RO: derrière ce nom il existe un indicatif bien connu et dévoué à notre passion en Cw, Michel BAUDOIN est en fait F5LBD si je ne me trompe pas, merci à lui pour ce très beau texte.

Principe de fonctionnement du télégraphe Morse

 

Le manipulateur se compose d'un socle de bois sur lequel sont fixées deux bornes P et M et un levier,muni de deux contacteurs, qui peut osciller verticalement. Dans sa position de repos, le ressort éloigne le levier de la borne P.
Quand on veut envoyer un message, on appuie sur la poignée du levier afin de mettre en contact la borne P avec l'un des contacteurs du levier. Le courant passe et est interrompu dès que l'on relâche le levier qui retourne dans sa position de repos grâce au ressort de rappel. La manipulation de transmission est donc ainsi très simplifiée.

Le récepteur fonctionne à l'aide d'un électro-aimant relié au fil de ligne et à la Terre.- Quand un courant arrive la plaque de fer doux de l'électro-aimant est attirée et repoussée grâce au ressort de rappel suivant les ouvertures et fermetures du courant.
Le levier est mis en mouvement et oscille. Il porte une pointe qui appuie sur une bande de papier.La longueur de la trace laissée sur le papier dépend de la durée du passage du courant.

Téléscripteur de campagne à bandes en bronze 1914-1918, dans son coffret de transport en bois, avec inscription « Télégraphie Militaire » marque CH. MILDE & Cie PARIS.
 

Télégraphe Morse à bande enregistreuse utilisé pour l’instruction au 18ème régiment du génie, fabriqué par le sergent-chef VERMANDE en 1936.
sources: http://le18histoirequartier.blogspot.com/search/label/Transmissions

mercredi 27 avril 2011

Transmissions militaires: première guerre mondiale

 
Aujourd'hui une série d'images consacrées toujours aux transmissions militaires, durant la période du premier conflit mondial. 
J'en profite pour reformuler un dernier appel envers vous qui aimez cette rubrique, vous êtes nombreux à avoir été en Indochine, Algérie ou simple soldat du contingent témoins de l'évolution des matériels et des conflits.
La recherche de ces images me prend beaucoup de temps et je ne pourrai pas continuer vis à vis d'obligations, donc si vous avez des photos, cartes postales, objets...qui ont un rapport avec les transmissions militaires de toutes époques, tous conflits, tous pays... JE SUIS PRENEUR, une simple photo et un scan  suffira, je me charge du reste.

 En partant de la gauche, le deuxième homme et celui ayant l'enfant portent l'insigne des colombophiles sur la manche d'épaule gauche.

 Une station radio hippomobile.

La station radio de la tour Eiffel 

 Des télégraphistes du 14°BCA, insigne en tissus sur la manche d'épaule.

 Souvenir d'un bureau postal faisant office de télégraphe à Mussy-sur-Seine dans l'Aube.

 Autre vue de cette célèbre carte postale d'un équipage de TSF à Mailly le Camp.

 Montpellier, l'ancien télégraphe.

 Suresnes, 8° Génie en exercice.

 Equipe de sapeurs télégraphistes installant un poteau.

 Dakar, la TSF.

 Colombophiles à cheval.
 Une station radio hippomobile.

 Une station radio.

 Des télégraphistes en action.

 Un central téléphonique.

 Des colombophiles.

 Enfouissement des lignes téléphoniques.

 les monteurs de lignes en action.

 
 Une autre station hippomobile.

 8° Génie de Suresnes avec télégraphe optique.

 Paris 1883: poste central du ministère des P et T, salle des dames télégraphistes éclairée à l'électricité.
 Encore des stations radio hippomobiles.

 Beau cliché avec du matériel de télégraphiste.

 Télégraphe optique au Maroc.

 Un Poilu radio.

 Monteurs de ligne au front.
 Des télégraphistes, l'homme de droite porte la croix de guerre et l'insigne des télégraphistes.

 Un chien tireur de ligne.

 Un Poilu télégraphiste (insigne sur le manteau)
Téléphone de campagne installé sur ligne électrique en Afrique.

 Un pigeon photographe, probablement du 8° Génie de Suresnes.

Évolution de la station TSF hippomobile en version moteur à explosion.

Demain, série sur les objets de nos sapeurs.